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Chute de cheveux à l’automne : normale ou pas ? L’avis du pharmacien

Vous retrouvez plus de cheveux sur la brosse, l'oreiller ou au fond de la douche depuis la fin de l'été ? C'est une inquiétude fréquente à la rentrée. Dans la grande majorité des cas, il s'agit d'une chute saisonnière : impressionnante, mais passagère. Voici comment la reconnaître, ce qui aide vraiment, et les signes qui doivent faire consulter.

Pourquoi on perd plus de cheveux en automne

Un cheveu ne pousse pas en continu. Il vit un cycle : une longue phase de croissance (plusieurs années), une courte phase de transition, puis une phase de repos d'environ trois mois, à la fin de laquelle il tombe pour laisser place au suivant. À tout moment, une petite partie de la chevelure est en phase de repos : c'est ce qui explique qu'on perde des cheveux tous les jours, sans que cela se voie.

Or cette proportion de cheveux « au repos » varie avec les saisons. Une étude suisse menée sur plus de 800 femmes a montré qu'elle atteint son maximum en été, en juillet, et son minimum en hiver. Ces cheveux passés au repos pendant l'été tombent quelques semaines plus tard : c'est pour cela que la chute se remarque surtout entre la fin août et novembre. Une analyse des recherches Google dans huit pays va dans le même sens : les requêtes sur la chute de cheveux culminent en été et en automne.

En Tunisie, l'été ajoute ses propres facteurs : soleil intense, sel de mer, chlore des piscines, chaleur, nuits courtes, repas déséquilibrés. Aucun ne provoque à lui seul une chute, mais ils fragilisent la fibre et rendent la perte plus visible à la rentrée.

Normale ou pas ? Les repères

Perdre jusqu'à une centaine de cheveux par jour reste dans la normale. Une chute saisonnière a généralement ces caractéristiques :

  • elle est diffuse : les cheveux tombent sur toute la tête, sans zone dégarnie précise ;
  • les cheveux tombés sont entiers, souvent avec un petit bulbe blanc à la racine ;
  • elle commence après l'été et se calme d'elle-même en quelques semaines à quelques mois ;
  • le cuir chevelu n'est ni douloureux, ni rouge, ni squameux.

Un bon repère : les cheveux qui tombent seront remplacés. La repousse est déjà en route, c'est même elle qui pousse les anciens cheveux dehors.

Ce qui aide vraiment

1. Laver ses cheveux normalement

Beaucoup de personnes espacent les shampooings par peur de « perdre plus ». C'est l'inverse de ce qu'il faut faire : les cheveux qui tombent au lavage étaient déjà détachés, et ils finissent sur l'oreiller s'ils ne partent pas sous la douche. Choisissez un shampooing doux, massez le cuir chevelu du bout des doigts, rincez à l'eau tiède.

2. Ménager la fibre

Pendant quelques semaines, évitez ce qui tire ou chauffe : queues de cheval serrées, lisseur, brushing très chaud, colorations et décolorations rapprochées. Démêlez en commençant par les pointes, sur cheveux essorés.

3. Regarder son assiette avant sa trousse de toilette

Le cheveu est un tissu qui se renouvelle vite et qui réagit aux manques : protéines, fer, zinc, vitamines du groupe B. Un été de repas sautés ou de régime strict se paie souvent à l'automne. Des protéines à chaque repas (œufs, poisson, légumineuses, volaille), des légumes et des fruits suffisent le plus souvent.

4. Les soins anti-chute : un accompagnement, pas une solution miracle

Les lotions et shampooings de la catégorie soins anti-chute peuvent accompagner cette période. Pour une chute saisonnière, orientez-vous vers les soins dits « réactionnels », pensés pour une chute passagère, comme la lotion ACM Novophane Reactional, à associer si vous le souhaitez à un shampooing stimulant comme le Ducray Anaphase. Deux règles : appliquez-les tous les jours et pendant au moins trois mois, et ne jugez pas le résultat avant — c'est le rythme du cycle du cheveu, pas celui du produit.

5. Les compléments alimentaires : seulement si l'alimentation ne suit pas

Les compléments cheveux et ongles apportent des acides aminés soufrés, de la biotine, du zinc ou des vitamines du groupe B. Ils ont du sens quand l'alimentation est déséquilibrée, en cure de deux à trois mois. Ils ne remplacent pas un bilan en cas de carence réelle, et il faut éviter d'en cumuler plusieurs qui contiennent les mêmes vitamines. Nous avons comparé les principales formules dans notre article sur les compléments alimentaires pour cheveux.

Quand consulter un médecin

Une chute saisonnière ne s'accompagne d'aucun autre signe. Parlez-en à votre médecin ou à un dermatologue si :

  • la chute dure plus de trois mois, ou s'aggrave au lieu de se calmer ;
  • vous voyez apparaître des zones dégarnies, des plaques sans cheveux, ou une raie qui s'élargit ;
  • le cuir chevelu est rouge, douloureux, qui démange ou qui pèle ;
  • la chute a commencé deux à trois mois après un événement : accouchement, forte fièvre, opération, choc émotionnel, perte de poids rapide, arrêt de la pilule ou nouveau traitement ;
  • elle s'accompagne d'une fatigue inhabituelle, d'une frilosité, de règles très abondantes.

Dans ces situations, le médecin peut demander une prise de sang (notamment pour vérifier les réserves en fer et le fonctionnement de la thyroïde). Ne prenez pas de fer « au cas où » sans bilan : l'excès n'est pas anodin.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de cheveux sur la brosse en septembre et octobre, c'est fréquent et le plus souvent passager.
  • Continuez à laver vos cheveux, ménagez-les et soignez votre alimentation.
  • Un soin anti-chute s'utilise tous les jours, sur trois mois au moins.
  • Une chute qui dure, des plaques ou d'autres symptômes : on consulte.

Vous hésitez entre deux soins, ou vous voulez savoir si un complément convient avec ce que vous prenez déjà ? Écrivez-nous : je vous réponds personnellement.

Sources

  • Kunz M, Seifert B, Trüeb RM. Seasonality of hair shedding in healthy women complaining of hair loss. Dermatology, 2009. PubMed 19407435 — consulté le 16 septembre 2026.
  • Hsiang EY, Semenov YR, Aguh C, Kwatra SG. Seasonality of hair loss: a time series analysis of Google Trends data 2004–2016. British Journal of Dermatology, 2018. PubMed 29048738 — consulté le 16 septembre 2026.
  • DermNet — Telogen effluvium (fiche mise à jour en novembre 2019). dermnetnz.org — consulté le 16 septembre 2026.

Cet article est proposé à titre d'information et ne remplace pas un avis médical ou pharmaceutique. En cas de doute, de réaction inattendue ou de traitement en cours, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.

Skander Ouni, docteur en pharmacie, fondateur de parapharmacie.tn
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